Le volume de la graisse abdominale dite aussi viscérale ou profonde est un indicateur supérieur à l’IMC pour évaluer chez une personne le risque de l’excès de poids. Pour estimer ce volume la mesure du tour de taille est un geste recommandé en clinique (1).

Une IMC supérieure à 25 kg/m2 n’est pas une maladie mais un risque de morbidité et de mortalité.

Avant d’attaquer cet article, il est indispensable de comprendre le paradoxe de l’obésité que je détaille ici.

Le risque de morbidité, lorsque l’IMC est supérieur à 30 kg/m2 concerne de façon statistiquement significative, l’appareil cardiovasculaire (thrombose coronarienne, accident vasculaire cérébral, hypertension artérielle), pulmonaire (apnée du sommeil), hépatique (stéatose), articulaire (arthrose), urinaire (incontinence chez la femme) et le risque de cancer : de l’utérus, de la vésicule biliaire, du rein, du colon.(2)

Attention, car ces facteurs pourraient être déclenchés et accentués dès le plus jeune âge!

Le risque de morbidité chez les sujets en surpoids (entre 25 et 29.9 kg/m2) est accru lorsque leur tour de taille dépasse chez les hommes 94 centimètres et chez les femmes 80 centimètres (3)

Une augmentation du risque de mortalité concerne les obèses dont l’IMC est supérieure à 35 kg/m2 et non ceux dont l’obésité est modérée inférieure à 35 kg/m2.

Les sujets en surpoids (IMC entre 25 et 29.9 kg/m2) ont une mortalité significativement plus faible (4)que celle des sujets dont l’IMC est entre 18.5 et 25 kg/ m2

Les personnes dont l’IMC est inférieur à 18.5 kg/m2 ont un taux de mortalité plus élevée que celles dont le poids est entre 18.5 et 25 kg/ m

Les taux les plus bas de mortalité (5) sont observés chez les sujets dont l’IMC est compris entre 22 kg/m2 et 25 kg/m.2

La prévalence de l’obésité des adultes en France est de 15% dans l’enquête OBEPI (6) de 19.3 %chez les hommes et de 19.7% chez les femmes dans une étude mondiale(7). La prévalence d’un IMC supérieur à 25 kg/m2 est de 47.4 % dans l’enquête OBEPI.

Dans l’étude mondiale précédemment citée la prévalence d’un IMC supérieur à 25 kg/m2 est de 55.9% chez les hommes et de 42.8% chez les femmes.

Les chiffres de l’enquête OBEPI sous estiment probablement les pourcentages des sujets en surpoids car les données de l’enquête sont déclaratives, or lorsque le poids et la taille des sujets enquêtés ne sont pas mesurés, le poids déclaré est sous évolué et la taille sur évaluée.

Par exemple dans l’enquête nationale nutrition santé les différences pour la mesure de l’obésité entre les données déclarées et mesurées sont significatives (11.1% versus 14.9% pour l’obésité)(8)

La prévalence évaluée par les enquêtes bisannuelles a augmenté de manière significative dans toutes les régions à l’exception de l’Auvergne entre 1997 à 2012. De très grandes inégalités du taux d’obésité sont relevées dans l’enquête OBEPI. Les écarts vont de 7% chez les plus riches à 25.6% pour les plus pauvres. Les ouvriers ont un taux de 16.2% et les cadres supérieurs de 8.7%.

Les écarts géographiques de la prévalence vont de 21.8% dans le Nord à 12.3% dans l’Ouest.

L’augmentation de la prévalence de l’obésité entre 1997 et 2012 fut de 76,5%. Un véritable tsunami dont la violence diminue progressivement. Entre 1997 et 2003 la progression de la prévalence de l’obésité fut de 18%, puis de 10% entre 2003 et 2009 enfin de 5% entre 2009 et 2012.

Références

1 National Institutes of health.”Clinical guide lines on the identification, evaluation and treatment of overweight and obesity in adults” Obes Res 1998; 6 (suppl2):515-2095

Cerhan JR “ A pooled analysis of waist circumference and mortality in 650 000 adults” Mayo Clin Proc 2014;89 (3)335-345

2 Bhaskaran K et al “Body- mass index and risk of 22 specific cancers : a population- based cohort study f 5,24 millions UK adults” Lancet 2014;384:755-65

3 « Surpoids et obésité de l’adulte : prise en charge médicale de premier recours » Haute Autorité en santé Septembre 2011page 35

4 Flegal K et al “Association of all-cause mortality with overweight and obesity using body mass index categories” JAMA 2013;309 (1):71-82

5 Heymsfield S B Cefalu WT “ Does body mass index adequately convey a patient’s mortality risk?” JAM 2013; 309 (2 January):87-88

6 http://www.roche.fr/content/dam/corporate/roche_fr/doc/obepi_2012.pdf

7 Ng A et al “Global, regional, and national prevalence of overweight and obesity I children and adults during 1980-2013: a systematic analysis for the Global Burden of Disease Study 2013” Lancet2014; 384:766-81

8 Julia C «Biais de déclaration du poids et de la taille chez les adultes en France : effets sur l’estimation des prévalences du surpoids et de l’obésité» BEH2010 N°8 : 69-72