Le concept de densité nutritionnelle d’un aliment

Correspond à son contenu en micro éléments et en vitamines par rapport à son contenu en calories.
Plus un aliment contient de vitamines et de sels minéraux et moins il contient de calories, plus sa densité nutritionnelle est élevée.

Ce concept est différent de celui de la qualité nutritionnelle d’un aliment

La qualité nutritionnelle d’un aliment dépend du rapport entre les aspects favorables et défavorables de l’aliment au plan nutritionnel. Les aspects favorables respectent les apports nutritionnels conseillés en : protéines, fibres, vitamines, sels minéraux, acide alphalinolénique et acide docosahexaenoique (omega 3).

Les aspects défavorables sont : la teneur en sel, en acides gras saturés et en sucres ajoutés par rapport aux valeurs recommandées.

Le concept de densité calorique.

La densité calorique ou énergétique est la quantité de calories apporté par 100 grammes d’aliment.

Plus la densité calorique est élevée plus cet aliment apporte de l’énergie.

Certains aliments dont la densité calorique est élevée sont composés surtout de calories dites vides car ils apportant des calories sous forme de graisses et de sucre mais pas ou très peu de micronutriments et de vitamines.

Ce sont par exemple : l’alcool, les sodas, les pâtisseries, les céréales raffinées.

Le concept d’insécurité alimentaire

Ce concept est mal connu en France et d’ailleurs parfois confondu avec le concept d’insécurité sanitaire (qui fait référence aux aspects sanitaires à l’hygiène et à la salubrité des aliments)

Ces deux termes sont souvent confondus dans les médias préoccupés surtout par les aspects sanitaires de l’alimentation.
L’insécurité est également assimilée par erreur au recours à l’aide alimentaire.

En réalité la population souffrant d’insécurité alimentaire n’est pas restreinte à celle qui fait appel à l’aide alimentaire.

La sécurité alimentaire

Est défini par la possibilité, pour tous les hommes, d’avoir un accès physique et économique à une nourriture suffisante, saine et nutritive leur permettant de satisfaire leurs besoins énergétiques et leurs préférences alimentaires pour mener une vie saine et active (Sommet mondial de l’alimentation 1996)

L’insécurité alimentaire est définie comme l’absence ou l’insuffisance de sécurité alimentaire.

Elle est observée lorsque la disponibilité des aliments nécessaires à une nutrition satisfaisante ou lorsque la capacité à les obtenir sont limitées ou incertaines. Son niveau extrême est la faim.

A un degré moins sévère, elle est responsable de déséquilibres nutritionnels.

En France en 2006-2007, 12.2% des adultes appartenaient à un foyer en situation d’insécurité sanitaire pour raisons financières soit environ 6 millions de personnes chiffre supérieur aux 3 500 000 qui bénéficient d’une aide alimentaire dans le cadre du Programme Européen d’Aide aux plus démunis.

En 2013, la France comptait 4,9 millions de pauvres si l’on utilise le seuil de pauvreté à 50 % du niveau de vie médian et près de 9 millions si l’on utilise le seuil à 60 %. Dans le premier cas, le taux de pauvreté est de 7,7 %, dans le second de 14.2 %.

Des variations importantes de ce taux sont observés au niveau départemental.(2) Cinq départements ont un taux inferieur à 10 (Yvelines: 8.9,Haut Savoie: 9.5, Loire Atlantique : 9.7,Ile et Vilaine et Savoie: 9.9 et cinq un taux supérieur à 20 ( Seine Saint Denis : 26.9,Haute Corse : 22.6, Aude : 21, Pyrénées orientales : 20.5 et Pas de Calais: 20.2.

Le profil des bénéficiaires de l’aide alimentaire va : du retraité à l’étudiant, de la personne sans domicile fixe (SDF) à la famille rencontrant une difficulté ponctuelle. Cette multiplicité des profilsi nécessite des réponses diversifiées qui s’étendent de la distribution de panier-repas ou de repas chauds à l’accès à une épicerie sociale qui met à disposition des denrées à cuisiner.
La part des personnes salariées ou retraitées était de 26% en 2010, celle des chômeurs de 19%.

Trois catégories de personnes utilisent l’aide alimentaire.(3)

  • Les personnes « dépendantes » de l’aide alimentaire.

Il s’agit des migrants, des réfugiés, des demandeurs d’asile ou « sans papiers » ni régularisables, ni expulsables et, ne disposant pas d’une autorisation de travail sur le territoire.

  • Les personnes pour lesquelles l’aide alimentaire représente une « assistance ».

Il s’agit généralement de familles installées de longue date sur le territoire métropolitain et disposant de plus de 3 € par personne de reste à vivre chaque jour. L’aide alimentaire est majoritaire dans l’approvisionnement, complétée par les « hard discounts » ou les marchés où, en début d’après-midi, les marchandises sont bradées.

Cette stratégie suppose, outre une capacité matérielle à transformer les produits frais, (la possibilité de cuisiner) une information et une mobilité suffisante.

  • Les personnes pour lesquelles cette aide constitue un « soutien ».

Le plus souvent, pour ces familles, l’aide alimentaire représente un complément permettant des économies et une redistribution des dépenses vers d’autres postes. Elles n’ont pas renoncé aux magasins et aux marchés classiques, mais diversifient ainsi leurs sources d’approvisionnement. On trouve dans cette situation des travailleurs pauvres.

Les relations de ces concepts avec les inégalités de santé.

La qualité nutritionnelle de l’alimentation dans une population défavorisée au plan économique dépend naturellement de ses connaissances en nutrition donc de son information mais elle est liée principalement aux prix des aliments (plus accessoirement à leur préparation en cuisine) qui conditionne les choix des consommateurs dont les moyens financiers peuvent être insuffisants pour acheter les produits qui contiennent les micronutriments et les vitamines indispensables à leur équilibre nutritionnel.

L’insécurité alimentaire dépend principalement « du reste à vivre ».

Le reste à vivre est défini par la somme dont dispose un acheteur d’aliments après avoir soustrait de la totalité de ses revenus :salaires, allocations diverses, ses dépenses incompressibles (logement, eau, gaz, électricité, chauffage, impôts, téléphone, crédits).

Le reste à vivre comprend le « reste à charge » des dépenses de santé et les dépenses d’alimentation.

Il n’est pas rare que l’insécurité alimentaire atteigne des populations qui disposent de revenus supérieurs à ceux du seuil de pauvreté, car leur reste à vivre est très faible en raison soit de dettes soit du prix élevé de la location de leur logement et des frais de transport.

La modestie du « reste à vivre » explique à la fois les difficultés d’accès aux soins et une alimentation dont la qualité sera médiocre pour deux raisons : sa densité nutritionnelle sera insuffisante pour satisfaire les besoins physiologiques ; sa densité calorique élevée.

La contrainte qui explique ce choix est l’obligation financière subie par l’acheteur qui, pour ne pas avoir faim, doit optimiser le rapport prix/ calories des aliments, donc tenir compte du cout (€ /g) de l’énergie dans un aliment et choisir ceux dont la valeur énergétique (kcal/gramme) est élevée.

Acheter des tomates, des carottes ou des pommes est bon pour la santé car ces légumes sont riches en micronutriments et en vitamines, mais ils contiennent peu de calories et le coût énergétique de ces aliments est élevé.

Pour satisfaire sa faim, celui qui demande à bénéficier de l’aide alimentaire dispose de 60 à 70 euros par mois.

Somme très inférieure au montant de 3.5 à 4 euros par jour (105 à 120 euros par personne), seuil théorique minimal pour respecter l’ensemble des recommandations nutritionnelles dans le cas d’une alimentation à domicile.

Il achète donc des aliments dont le coût de l’énergie est faible (des pâtes, des féculents, de l’huile, du sucre) et qui renferment principalement des calories vides.

Cette contrainte financière conduit à une carence nutritionnelle et à un excès énergétique à l’origine de diverses pathologies, dont témoigne le taux d’obésité des femmes en état d’insécurité alimentaire qui atteint 35% alors qu’il est de 17% dans la population générale.

Références

1 Darmon N, Bocquier A, Vieux F, Caillavet C. » L’insécurité alimentaire pour raisons financières en France » pp583-602 in Les travaux de l’Observatoire National de la Pauvreté et de l’Exclusion Sociale 2009-2010.Page 583-602. La documentation Française Editeurs

2 Observatoire National de la Pauvreté et de l’Exclusion Sociale Septembre 2015 et INSEE Taux de pauvreté comparaisons départementales 2012

3 Etude ABENA 2004-2005

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