Après un internat de 5 ans, j’ai été nommé chef de clinique en cardiologie. J’ai alors commencé à enseigner la pharmacologie à Bordeaux, Poitiers, Rabat, puis j’ai été nommé agrégé. Ma carrière hospitalo-universitaire m’a conduit à exercer les fonctions de vice-président de l’université de Bordeaux de 1970 à 1975 et de chef de service des maladies de l’appareil digestif de 1970 à 1995.

Mes études, dès les années 1960, furent orientées vers l’évaluation de la qualité des soins et leur organisation. Des séries d’articles dans le journal « Le Monde » - notamment un sujet sur la "surconsommation médicale" publié en 1970 - eurent un réel retentissement médiatique.

Je fus invité à participer à diverses commissions ministérielles notamment à la Commission nationale des comptes de la santé durant plusieurs années. J'ai ainsi travaillé avec de nombreux économistes et participé aux enseignements, colloques et congrès qui, durant les années 1980, allaient faire connaître les méthodes d’évaluation et faciliter le développement de l’économie et de la sociologie médicale.

C’est pourquoi, le ministre de la Santé, Claude Evin, me nomma au poste de médecin conseil national en 1989, sur proposition du Haut conseil médical de la Sécurité sociale. Durant les trois années de mon passage à la Cnam, j’ai essayé d’orienter les activités des 10.000 personnes qui constituent le service médical de cette institution vers l’évaluation de la qualité des soins. Les résultats de cette politique soutenue par le directeur Gilles Johanet et par les directeurs de caisse, mais conduite sans l’appui des syndicats à la tête du Conseil d’administration et sans une réelle adhésion des médecins conseils régionaux, furent sans lendemain.

Mon activité hospitalière (1960-1995), orientée vers les maladies du foie, me conduisit à soigner les alcooliques et les toxicomanes puis, enfin, à mettre en œuvre des soins palliatifs en raison de la gravité des maladies traitées.

La publication de mon livre « Le foie des français » en 1983 contribua à la disparition des mythes de la petite insuffisance hépatique et de la crise de foie et, avec eux, des centaines de médicaments placebos inventés pour les soigner.

De 1995 à 2003, j’ai été conseiller du président de la Mutualité française. Dans cette troisième période de ma vie professionnelle, j’ai participé aux travaux de la Commission de la transparence - dont je fus vice-président – réalisé de nombreux enseignements à l’intention des administrateurs mutualistes sur la gestion des risques médicaux, la qualité des soins et leur évaluation et écrit deux livres sur le médicament : "La petite encyclopédie des médicaments" et "Les médicaments sans tabou". Enfin, en 2006, a débuté la publication d’une lettre mensuelle d’actualité médicale sur le site de la Mutualité française, lettre devenue en juin 2008 un blog.

Dans ce blog, je souhaite continuer à défendre les idées qui m’animent depuis 30 ans : la qualité des soins est loin d’être satisfaisante dans notre pays comme dans les autres nations développées. Les origines de ce problème tiennent moins à la qualité des professionnels qu’aux insuffisances et aux défauts de la gestion et de l’organisation des soins.

Dans ce blog j’essaierai, en analysant l’actualité médicale, de promouvoir :

1) la nécessité d’un système de soins primaires capable de prendre en charge la plus grande partie des demandes de soins, mais aussi la prévention des atteintes à la santé en fonction des secteurs géographiques. Les généralistes, assistés par des professionnels auxquels ils auraient délégué toutes les tâches administratives et une grande partie des soins dont ont besoin les malades atteints d’affection chronique, seraient chargés de la gestion de ce système afin d’assurer le suivi et la coordination des soins.

2) Une médecine scientifique et rationnelle fondée sur des preuves, mais également proche des hommes et respectant leur autonomie et leur dignité.

3) L’amélioration de la relation médecin malade par une formation améliorée et surtout par une organisation du travail donnant aux professionnels la disponibilité nécessaire pour écouter, informer, dialoguer, accompagner et suivre leurs patients.